
Le gouvernement de transition du Burkina Faso a récemment signé un mémorandum d’entente avec Rosatom lors de la Semaine russe de l’énergie à Moscou en octobre dernier, un pas en avant vers le nucléaire civil pour ce pays. Le Mali a également annoncé son accord de coopération avec l’agence nucléaire russe. Toutefois, est-ce réellement le début d’une ère nucléaire pour ces nations ou une simple déclaration politique ? RFI rapporte que les fondations ne sont que posées.
Le Mali prévoit la construction de quatre centrales de 55 mégawatts, tandis que le Burkina Faso envisage d’opter pour la technologie des SMR, des petits réacteurs modulaires pouvant atteindre 300 mégawatts. Pourtant, le chemin vers la production d’électricité d’origine nucléaire est semé d’embûches. Il faudra former du personnel qualifié, établir une autorité de sûreté nucléaire, et obtenir l’approbation de l’AIEA, l’autorité internationale chargée de veiller à la conformité du programme. Ludovic Dupin, directeur de l’information de la société française d’énergie nucléaire, souligne que cela peut prendre des années, comme en témoigne le cas de la Pologne.
Pour certains observateurs, ces annonces sont principalement politiques. Cependant, Lassina Zerbo, ancien Premier ministre du Burkina Faso et président du conseil d’administration du Rwanda Atomic Energy Board, est optimiste quant aux nouvelles technologies nucléaires, citant les SMR et les nanoréacteurs comme des innovations qui rendent le nucléaire plus accessible pour les pays africains.
Cependant, de nombreux détails restent flous. L’accord entre Rosatom et le Burkina Faso, le financement et le calendrier ne sont pas encore précisés, laissant planer des incertitudes sur l’ampleur du programme. Emmanuelle Galichet, enseignante-chercheure en physique nucléaire, explique que Rosatom propose souvent un financement complet au début des partenariats, couvrant ainsi l’aspect financier de cette industrie naissante.
Un défi majeur à relever est la sécurité des installations dans des pays sujets aux attaques terroristes. Selon Ludovic Dupin, des études de faisabilité approfondies seront cruciales, non seulement du point de vue technique mais aussi en matière de sécurité. Il est encore trop tôt pour dire si le nucléaire est une option viable dans ces pays, nécessitant une préparation minutieuse et des études approfondies.
Actuellement, seule l’Afrique du Sud possède une centrale nucléaire en fonctionnement sur le continent, mais d’autres pays comme l’Égypte en partenariat avec Rosatom développent leurs programmes. L’avenir de l’énergie nucléaire en Afrique de l’Ouest reste donc parsemé de défis et d’incertitudes.
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