HAITI TODAY | 5 Février 2024


Léogâne, autrefois un pilier économique florissant, témoigne d’une transformation économique notable avec le déclin de l’industrie de la canne à sucre. Cette évolution, enracinée dans l’histoire coloniale d’Haïti, représente un triste chapitre dans le paysage économique de la commune.



Léogâne, jadis un pilier économique florissant, voit son paysage économique se métamorphoser, notamment dans le déclin de l’industrie de la canne à sucre. Témoignage d’une époque révolue, cette culture, ancrée dans l’histoire coloniale d’Haïti, a longtemps été le socle économique de la commune de Léogâne.

Les vastes plantations de canne, les moulins, les Guildiveries, et l’illustre usine sucrière de Darbonne, désormais abandonnée par l’État haïtien, racontent l’histoire d’une époque révolue. Cette désertion s’explique, en partie, par la préférence donnée à l’importation massive de sucre dominicain, reléguant au second plan la production locale.



Le déclin de la canne à sucre à Léogâne n’est pas seulement un phénomène agricole ; il est intrinsèquement lié à l’urbanisation galopante. Les vastes champs de canne cèdent place à des constructions de béton, fragmentant ainsi l’activité économique qui était autrefois la fierté de la région.



Le secteur de la production de clairin, autrefois florissant, connaît une crise sans précédent. La concurrence déloyale des alcools importés, l’importation d’éthanol et la dégradation de la culture de la canne à sucre contribuent à la détérioration de cette industrie. Les distilleries, autrefois florissantes, sont aujourd’hui abandonnées, reflétant un déclin économique et social.

Les travailleurs, malgré des conditions difficiles, voient leur secteur d’activité se réduire. Les salaires dérisoires, l’absence de conditions sanitaires adéquates et la disparition progressive des emplois accentuent le déclin de cette industrie historique.


Machine de broyage à canne à sucre dans un moulin à canne à sucre à Léogâne

Face à cette réalité, des voix s’élèvent pour défendre les droits des distillateurs et des planteurs de canne à sucre. L’association “Mouvman kiltivatè ak distilatè nan Leyogàn (MKDL)” a vu le jour dans les années 1990 pour faire front à la fermeture de l’usine sucrière de Darbonne. Cependant, la solidarité entre distillateurs semble faiblir, chacun préférant poursuivre son propre chemin plutôt que de s’unir pour créer une industrie moderne.



1. Pourquoi l’industrie de la canne à sucre à Léogâne décline-t-elle, et quelles en sont les conséquences économiques et sociales?

2. Comment l’urbanisation contribue-t-elle au déclin de cette industrie historique?

3. Quelles sont les raisons derrière la faiblesse de la solidarité entre distillateurs, malgré les défis partagés?

Une guildiverie a Léogane

Ainsi, Léogâne, autrefois berceau de l’économie sucrière, se retrouve confrontée à un défi existentiel. Le déclin des industries de la canne à sucre marque la fin d’un chapitre glorieux de son histoire économique, laissant derrière elle des vestiges d’une époque révolue.