Le décès de Dieudonné Larose marque la perte de l’une des grandes voix et de l’un des grands conteurs du konpa haïtien, dont le travail avec Missile 727 a profondément façonné la musique haïtienne moderne.

Introduction
Joseph Dieudonné Larose, chanteur, compositeur et chef d’orchestre légendaire, s’est éteint au début du mois de janvier 2026, laissant derrière lui un vaste héritage musical couvrant près de cinq décennies. Sa mort a plongé Haïti et sa diaspora dans le deuil, mais ses chansons continuent de résonner partout où l’on joue du konpa.
Jeunesse et débuts
Né le 5 juin 1945 à Cabaret, Larose a grandi entre plusieurs régions d’Haïti, puisant dans la richesse culturelle du Nord, de l’Artibonite et du Sud. Dans les années 1970, il fait ses débuts dans des groupes de quartier avant d’être remarqué à Pétion-Ville et de rejoindre Shoogar Combo, où il enregistre ses premiers succès comme « Maman ».
Ascension avec DP Express et Missile 727
Après une période formatrice au sein de Shoogar Combo, Larose rejoint brièvement le groupe influent DP Express, affinant un style qui mêle konpa, ballades espagnoles, grooves afro-caribéens et paroles engagées. Il fonde ensuite le groupe légendaire Missile 727, qui le propulsera au sommet de sa carrière et laissera une empreinte indélébile sur le paysage musical haïtien.
Chansons emblématiques et style musical
Avec Missile 727, Larose signe une succession de classiques tels que « Accident », « Guantanamo », « Joli Minou », « Mandela », « À minuit » et « Mission », des titres devenus des hymnes pour des générations d’Haïtiens au pays et à l’étranger. Sa voix grave, immédiatement reconnaissable, et ses textes conscients et poétiques en font une référence pour les artistes qui cherchent à concilier musique de danse et réflexion sur l’amour, l’injustice, la dignité et la fierté nationale.

Influence et héritage culturel
Au fil des années, Larose contribue à moderniser le konpa tout en en préservant les racines, en mélangeant rythmes traditionnels, arrangements contemporains et influences internationales. Sa musique franchit les frontières, rassemblant la diaspora haïtienne des Caraïbes à l’Amérique du Nord et à l’Europe, et inspirant de nombreux musiciens qui voyaient en lui à la fois un maître et un modèle.
Disparition et hommages
L’annonce de sa mort en janvier 2026 a déclenché une vague d’hommages de la part des fans, des artistes, des médias et des institutions culturelles, saluant en lui une « véritable légende » et un gardien de l’identité haïtienne. Les messages de condoléances ont mis en lumière non seulement son génie artistique, mais aussi son humilité, sa discipline et son engagement indéfectible envers Haïti et sa culture.
Conclusion: un héritage vivant
Bien que Dieudonné Larose ne soit plus présent physiquement, son œuvre reste bien vivante dans les enregistrements, les archives et la mémoire collective. Chaque fois que retentit « Accident », « Mete Suk Sou Bonbon’ M » ou l’un de ses nombreux classiques, une part de son esprit continue de guider les pistes de danse, les ondes et les cœurs à travers le monde haïtien.
